Dois-je arrêter complètement le sport ?
Pas forcément. Une activité adaptée peut souvent continuer si la douleur reste modérée pendant l'effort et revient à son niveau habituel le lendemain matin. Le dosage se discute au cas par cas.
Sulian Waz / Tendinopathie d'Achille
Tendon · Cheville · Course à piedLe repos ne soigne pas un tendon. La charge, bien dosée, si. Voici ce qu'il faut savoir, et comment se passe la prise en charge au cabinet.

Le tendon d'Achille relie le mollet au talon. Il encaisse plusieurs fois le poids du corps à chaque foulée. Quand la charge augmente plus vite qu'il ne peut s'adapter (reprise trop rapide, nouvelle activité, changement de chaussures, prise de poids), il devient douloureux : c'est la tendinopathie.
On distingue deux formes : la douleur dans le corps du tendon, à 2 à 6 cm au-dessus du talon, la plus fréquente ; et la douleur à l'insertion, là où le tendon s'attache sur l'os. La prise en charge diffère un peu entre les deux.
Elle touche beaucoup les coureurs, mais pas seulement : une personne peu sportive peut aussi en souffrir.
Une douleur brutale à l'arrière de la cheville, avec un claquement ou l'impression d'avoir reçu un coup, puis une difficulté à pousser sur le pied, peut signaler une rupture du tendon. Il faut consulter un médecin ou les urgences le jour même, sans attendre la kinésithérapie.
Les recommandations internationales (JOSPT 2018, révisées en 2024) placent le renforcement progressif du mollet au centre du traitement. Le renforcement excentrique et le renforcement lourd et lent donnent des résultats comparables : le meilleur programme est celui que vous pouvez suivre.
Douze semaines, au moins. Le tendon s'adapte lentement, mais il s'adapte.
Adapter les activités, exercices isométriques ou légers, repère douleur.
Charge progressive du mollet, assis puis debout, lourde et lente.
Sauts, bonds et course progressive selon les tests.
Reprise complète quand force et tests sont revenus.
Indicatif : chaque étape commence quand les critères de la précédente sont atteints, pas à date fixe. Un programme dure en général au moins 12 semaines.
Le repos calme parfois la douleur, mais le tendon perd alors de sa capacité : la douleur revient à la reprise. Dans les études, poursuivre une activité adaptée, guidée par la douleur, ne donne pas de moins bons résultats que l'arrêt.
Autre point important : la disparition de la douleur ne veut pas dire que la force est revenue. Des déficits peuvent persister, d'où l'intérêt de tester la force avant un retour complet au sport.
Enfin, comprendre sa douleur fait partie du traitement : savoir qu'une douleur modérée pendant l'exercice n'abîme pas le tendon aide à suivre le programme.
Si l'un de ces repères n'est pas respecté, on réduit la charge, sans tout arrêter.
Les ondes de choc sont parfois proposées en complément. Les synthèses récentes ne concluent pas toutes de la même façon : elles ne remplacent pas l'exercice.
La disparition de la douleur ne veut pas dire que la force est revenue. Un test simple sur plateforme de force compare vos deux mollets et permet de suivre vos progrès d'une séance à l'autre.
Exemple illustratif, sans valeur de référence : les chiffres affichés ne correspondent pas à un patient réel. Les valeurs attendues dépendent de chaque personne, de son sport et de ses objectifs.
Depuis quand, dans quelles circonstances, ce qui soulage et ce qui aggrave, vos activités et vos objectifs.
Examen du tendon et de la cheville, tests de force et de capacité du mollet (montées sur pointe, sauts selon votre niveau), questionnaire de suivi.
Des exercices à faire chez vous, une adaptation de votre activité, et le repère douleur pour savoir quand avancer.
Les tests sont refaits au fil des séances pour ajuster la progression. Votre médecin peut recevoir un compte rendu d'évolution.

Pas forcément. Une activité adaptée peut souvent continuer si la douleur reste modérée pendant l'effort et revient à son niveau habituel le lendemain matin. Le dosage se discute au cas par cas.
Un programme d'exercices se mène en général sur au moins 12 semaines. Le retour complet à la course ou au sport peut prendre plusieurs mois selon l'ancienneté des symptômes.
Pour que les séances de kinésithérapie soient remboursées par l'Assurance Maladie, oui : une prescription de votre médecin est nécessaire.
Le diagnostic de tendinopathie est d'abord clinique. Une imagerie est utile en cas de doute, notamment si une rupture est suspectée.